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Hier aprĂšs-midi, je suis allĂ©e dans cette boutique, comme Ă chaque fois que je reviens Ă Tarifa, car j'y fais gĂ©nĂ©ralement mes achats. Cette fois-ci, j'Ă©tais accompagnĂ©e de deux personnes. J'ai montrĂ© Ă l'homme qui m'accompagnait un pantalon Ă rayures bleu clair et blanches que ma compagne et moi possĂ©dons, et il a ajoutĂ© qu'il irait trĂšs bien avec une chemise bleu clair qu'ils avaient accrochĂ©e. Il l'a donc prise et nous a fait un geste pour nous montrer l'ensemble, sans aucune agitation, tout Ă fait normal. Puis la vendeuse (je ne connais pas son nom, bien que ce soit gĂ©nĂ©ralement elle qui travaille lĂ , une blonde) est arrivĂ©e et lui a pris la chemise des mains en demandant : « Mais avez-vous de l'argent ? » Bien sĂ»r, j'ai pensĂ© qu'ils se connaissaient, car je tiens Ă prĂ©ciser que nous sommes tous les trois originaires de Tarifa, mais lui, en particulier, est connu de tout le monde ici, absolument tout le monde. Ă ce moment-lĂ , il a rĂ©pondu : « J'ai de l'argent de temps en temps » (sur son ton plaisantin habituel), ce Ă quoi elle a rĂ©torquĂ© : « Eh bien, avec ça, vous en aurez encore moins. » En partant, notre ami nous a fait part du caractĂšre classiste de sa remarque et a confirmĂ© qu'il ne connaissait pas la personne. Nous sommes partis trĂšs contrariĂ©s, surtout lui, car il n'avait rien fait d'autre que regarder les vĂȘtements comme tout le monde ; la diffĂ©rence, c'est qu'il n'avait pas l'air d'un touriste. Je ne remettrai plus jamais les pieds dans ce magasin, car la situation d'hier Ă©tait honteuse, classiste et mĂ©prisante. Et j'espĂšre que s'ils rĂ©pondent un jour Ă ce commentaire, ce ne sera pas par des mensonges, car nous Ă©tions trois, et malheureusement ou heureusement, nous sommes d'ici. La qualitĂ© des vĂȘtements est trĂšs bonne, le personnel est correct.